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Graine de l'Ain

La trajectoire d'un Chaudronnier


http://grainesdelain.com/fabien-supersax-trajectoire-dun-chaudronnier/


Fabien Supersax a installé, il y a plus de 2 ans à Oyonnax, son atelier de chaudronnerie où il crée des meubles et tout un tas d’objet. Quand la chaudronnerie devient un art est son slogan. Natif de Saint-Claude, il habite Chancia. La famille Supersax était dans l’ameublement depuis la fin des années 1800. Ses  parents ont géré le Géant du Meuble à Arbent puis Tousalon également à Arbent. Fabien a eu un parcours hors du commun, Compagnon du Devoir pendant 6  ans, il s’installera ensuite au Canada une dizaine d’années avant de revenir au pays. Parcours courageux et insolite de ce passionné.


Fabien débute son apprentissage à 16 ans chez les Compagnons dans la chaudronnerie. À 23 ans, il décide de partir en voyage au Canada pour une année. Il  devait revenir pour tailler la réception (devenir Compagnon officiellement). Deux semaines avant de rentrer, il ne voulait plus revenir et a dû trouver un employeur afin de pouvoir rester là-bas.


Pourquoi cette envie de partir au Canada et d’y rester, c’est le Jura en grand ? Oui c’est ça. En fait quand j’avais 11 ans, j’y suis allé avec mes parents, nous avons fait le tour du pays en camping-car pendant un mois et j’avais trouvé ça superbe. Je rêvais d’avoir une maison en rondins dans les sapins et l’idée que j’avais du Canada c’était ça. Je suis donc parti seul à Vancouver en Colombie Britannique, je ne parlais pas un mot d’Anglais, j’ai tout appris là-bas, mes parents m’avaient payé 2 mois de cours mais ça n’a servi à rien, j’étais nul. J’ai quand même appris avec les gens, j’ai travaillé comme serveur et j’ai rencontré des Canadiens, des Anglais, des Australiens, etc… Vancouver est une ville très cosmopolite, ça m’a aidé et j’ai donc décidé d’y rester.

Fabien travaillera dans une dizaine de boîtes différentes. La première entreprise qui lui a donné sa chance fabriquait des évacuations et des climatisations. Il y est resté 3 mois. Il faut savoir qu’au Canada il n’y a pas de contrats. Soit on fait l’affaire, soit on ne la fait pas. L’entreprise où Fabien travaillait n’avait  plus assez de boulot et a donc débauché 4 personnes dont il faisait partie. Il galère un peu et il est sans permis de conduire. Il décide alors de revenir en France pour récupérer son permis qu’il s’était fait retirer. Du coup, il repart et trouve un job dans l’entreprise d’un Français expatrié depuis une cinquantaine d’années. Là, il fabriquait des containers qui partaient en Irak pour les armées française, américaine et autres. Il y restera un an. Son patron lui délivrera les papiers afin qu’il puisse devenir résident permanent et par la suite pouvoir demander la nationalité canadienne.


Après ce job que tu as quitté, il y en a un parmi tous ceux que tu as fait qui était plutôt sympa et original ? J’ai trouvé une petite entreprise où l’on fabriquait des mâts de bateaux, des décors de cinéma comme pour Jurassic Park, toujours en chaudronnerie. Au bout de 6 mois, il n’y avait plus de boulot, très vite j’ai retrouvé une boîte qui travaillait pour le cinéma et j’allais sur les plateaux. Il faut savoir que Vancouver est la 3e ville de tournage de séries et films après Los Angeles et New York. Là je fabriquais des rambardes, des faux luminaires, des fausses boîtes à lettres, des garde-corps… Je me souviens 21 d’une histoire qui m’a marqué, j’arrive sur le plateau, les gars me donnent un plan et me disent qu’il faut que je fasse un escalier en aluminium dans la journée, on travaille, avec les collègues, pendant 15 heures comme des bêtes. À la fin ils viennent et  prennent l’escalier, alors on se dit « on va voir ce qu’ils vont faire. » Ils collent l’escalier sur un mur devant une fausse porte. L’acteur ouvre la porte du haut de l’escalier. Ils font plusieurs prises de vues, une fois terminé, un gars arrive en chariot, prend l’escalier et le transporte dans un container poubelle. J’ai travaillé un an et demi pour cette entreprise, c’était vraiment super. Je suis allé aussi en Alaska, je travaillais pour des mines de traitement d’aluminium et là on construisait des fours géants qui faisaient 1,6 km de long. Il y en avait 4, ils étaient tellement larges et hauts qu’on pouvait rentrer un airbus dedans. On était au milieu de nulle part, nous étions 1500 bonhommes et 30 filles. On travaillait pendant 41 jours, 10 heures par jour et 6 jours sur 7 et après on avait une semaine de repos. Nous étions payés 22000 dollars pour 6 semaines. J’ai fait ça 6 mois pour pouvoir me payer un voyage. J’ai ensuite vidé et  quitté mon appartement et tout mis dans un garde-meuble. Je me suis acheté une moto et je suis parti pendant 6 mois à travers les Etats-Unis et le Canada. J’ai fait 25000 km.

Après ce périple Fabien a retrouvé un boulot et en parallèle a créé son entreprise de chaudronnerie, meubles, bancs, tables, tabourets de bar, etc… Il faisait de la vente par internet et ça marchait bien. Un jour il en a eu marre et a décidé de rentrer en France. Ces 10 années lui ont ouvert l’esprit, lui ont appris de ne  plus jamais dire jamais, puisqu’il ne voulait plus revenir en France et pourtant il est bien là.


Pourquoi es-tu rentré ? La famille me manquait, les grands-parents, les parents et mon frère et ma soeur qui ont vécu des choses en famille, des souvenirs que je n’ai pas, je suis passé à côté mais j’ai vécu des choses différentes. J’y retournerais certainement en voyage avec ma femme et mes enfants.

De retour, tu as monté ton atelier. Que fabriques-tu ? Je fabrique des meubles, étagères, bancs, bureaux, tabourets, bars, tables dont beaucoup de salles à manger dans le style industriel, contemporain et autre. Je trouve un certain plaisir à mélanger le bois et le métal, pour moi c’est une passion, j’aime me lever le matin et toucher la matière. Je dessine mes  modèles. Lorsque je chine et que je vois des pieds en fonte, j’arrive à me projeter, je vois la table. Je crée par rapport à mes envies mais aussi parfois par rapport au plan que le client me donne.


Fabien achète ses tôles sur Bourg-en-Bresse et se fournit en bois localement. Pour les petites fournitures, il achète local, c’est très important pour lui. Si vous passez par l’atelier, vous verrez Fabien travailler sur de vieux outils, certains ont plus de 50 ans. Le parc est impressionnant. Fabien est un créateur, innovant et artiste tout à la fois. Son adrénaline, c’est d’interpeller les gens pour qu’ils lui posent des questions sur l’art et la manière de créer un meuble ou autre. Il restaure également des meubles qui ont un passé, qui sont dans un état dégradé, qui ne sont plus à la mode. Il les transforme et leur redonne un éclat, un coup de jeune avec goût et passion. La table de la grand-mère revit et restera unique. Le mariage fer et bois donnera un aspect atypique à votre  meuble. Fabien fabrique aussi des luminaires originaux en partant de vieilles lampes chinées ou parfois confiées par un client comme des vieilles Jieldé. Sa clientèle vient surtout pour une histoire, une pièce unique et une originalité. Fabien crée aussi des pièces qu’il met en vente sur son site internet. Il fabrique  quelques verrières pour votre maison ou votre boutique. À partir de rien, il vous fera une oeuvre d’art. Bravo l’artiste !



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Atelier Supersax - Siret 834 187 288 - TVA non applicable - fabien.supersax@gmail.com

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